Sonnet pour Juju

 

Pour Juju ... jusque là, ça va, mais il est tard,

et quand  le second vers sous le clavier se presse

- Muse reste avec moi! elle fuit la traîtresse! -

on ne rencontre plus que les poncifs ringards

 

dans le style "Juju est comme la fleur rare

dont le parfum persiste lorsque le temps régresse"

ou alors,  encore pire, "Juju est la princesse

dont le miroir sans tain conserve le regard"

 

je voile ces clichés dont jamais on rougit

on ne versifie plus à l'ombre des bougies

(et ce pauvre  Apollon ne pousse plus de cri

 

ni soupir assagi) la sottise demeure

et tirer sur les cons n'empêche pas que meure

comme le bruit du vent un sonnet mal écrit.